La recherche, presque obsédante, du visage… Le visage
seul, car il s’y trouve une concentration de tout, de
l’essentiel… Mais le challenge n’est pas le visage
académique, soumis aux règles d’anatomie et de
perspective…Non ! Le visage de Veronese est d’une
simplicité absolue, presque abstractionniste… En lui, il
n’y a ni le squelette osseux, ni toujours la similitude des deux
côtés du visage … Mais attention, cette fausse
simplicité est imprégnée d’un humanisme
émouvant. En 2003, alors que sa vie était en danger
à Rio en raison de la dénonciation par sa peinture de la
violence contre les mineurs, Veronese quitte le Brésil pour
vivre en France. C’est un exemple du pouvoir de
dénonciation de ses peintures, qui dérange le bourreau
dénoncé. Il quitte le Brésil mais reste toujours
engagé à l’égard de la question
brésilienne. Dans ses expositions suivantes aux Etats-Unis,
Suisse et en France, il continue de montrer de façon
obsessionnelle ces visages, essayant de donner une image à ces
personnes qui n´ont pas même le droit à une image;
une façon de réagir à sa propre perplexité.